Le cadre général de la déclaration de créances
La déclaration de créances s’inscrit dans le cadre des procédures collectives, régies principalement par le Livre VI du Code de commerce. Elle a pour objectif de figer le passif de l’entreprise au jour du jugement d’ouverture de la procédure collective, permettant ainsi d’établir la masse des créanciers et d’organiser le traitement de leurs droits.
Le principe est que tous les créanciers dont la créance est née antérieurement au jugement d’ouverture de la procédure collective doivent déclarer leurs créances. Cette obligation s’applique à toutes les créances, qu’elles soient chirographaires (sans garantie particulière) ou privilégiées (assorties d’une sûreté), et ce, même si elles ne sont pas encore établies par un titre exécutoire Article L. 622-24 du Code de commerce.
En synthèse : La déclaration de créances est une obligation générale pour tous les créanciers antérieurs à l’ouverture de la procédure collective, à l’exception notable des salariés.
Les exceptions à l’obligation de déclaration
Certaines créances sont dispensées de déclaration ou suivent un régime particulier :
- Créances salariales : Les créances des salariés n’ont pas à être déclarées par eux-mêmes. C’est le mandataire judiciaire qui établit les relevés de créances salariales après vérification Article L. 622-24 du Code de commerce.
- Créances nées après le jugement d’ouverture : Les créances nées régulièrement après le jugement d’ouverture, autres que celles mentionnées à l’article L. 622-17 du Code de commerce (créances utiles), sont également soumises à déclaration, mais les délais courent à compter de leur date d’exigibilité Article L. 622-24 du Code de commerce.
- Créances alimentaires : Elles ne sont pas soumises à l’obligation de déclaration Article L. 622-24 du Code de commerce.
- Créances fiscales et sociales : Les créances du Trésor public et des organismes de prévoyance et de sécurité sociale sont admises à titre provisionnel pour leur montant déclaré si elles n’ont pas fait l’objet d’un titre exécutoire au moment de leur déclaration. Leur établissement définitif doit être effectué dans un délai spécifique Article L. 622-24 du Code de commerce.
En synthèse : Les créances salariales, alimentaires et certaines créances postérieures bénéficient d’un régime dérogatoire ou sont dispensées de la déclaration classique.
